Lughnasadh !
Le Druide Benevolos a parlé et comme toujours il a bien parlé ! Par Ogmios , Dieu de l' éloquence ! Bonne fête de Lugh ! Lughnasadh ! 1 er aout , fête des moissons , de la redistribution des richesses et de Lugh , le multiple artisan !
Lug ou Lugus est la principale divinité des Celtes, équivalent au dieu irlandais Lugh ou Lú, dit Lamhfhada « Aux longs bras », parce qu'il avait le pouvoir de frapper à distance, et qualifié de Samildanach, c'est-à-dire de « polytechnicien », parce qu'il était inventeur et praticien de tous les arts. Sa fête était célébrée au jour de la Lugnasad qui bien qu'il n'ait pas de date fixe dans le calendrier solaire contemporain du fait que le calendrier gaulois était luni-solaire, peut être situé dans les premières semaines du mois d'août (Lugnasad en gaélique d'Irlande). Il est aussi présent sous des formes variées et complexes dans la mythologie celtique des îles britanniques.
L'étymologie exacte de Lugus est discutée. La racine proto-celtique du nom, *lug-, pourrait être dérivée de la racine indo-européenne *leug- « noir », *leuǵ- « casser », ou *leugʰ- « prêter un serment ».
Elle est plus vraisemblablement dérivée du proto-indo-européen *leuk- « briller », en dépit des difficultés que pose cette étymologie notamment parce que le proto-indo-européen *-k- ne produit jamais en proto-celtique *-g-. Néanmoins, à la suite de Françoise Bader, selon qui la racine indo-européenne de la « lumière » serait *leu- et non *leuk-, elle est à nouveau considérée comme la plus convaincante par les spécialistes pour qui Lugus signifierait « le lumineux ».
LES LEUKES OU LEOUKIS ( le peuple lumière ) sont les Celtes installés dans le sud Lorrain , leurs voisins sont les Médiomatriques ( peuple de la terre mère du milieu ) installés en Moselle et les Trévires au dessus ! Autour , il y a les Rèmes à REIMS , les Verdunois de MEUSE ( VER DUN , grande colline fortifiée en celte comme LIVERDUN ) et les Triboques en Alsace qui vénèrent le Dieu du fleuve Renos , le Rhin ! Et ceux qui vénèrent Vosegos , dieu barbu montagnard ( VOSEGUS , VOSGES ) Et la WOEVRE , ceux qui vénèrent la VOUIVRE , femme serpente !
Nous y sommes, le premier août, jour des anciennes célébrations de Lughnasadh (prononcez « lounessa »), dédié à la divinité qu’on appelle Lug. Du moins en Irlande et les terres de langues gaéliques… Quant à nos Voconces de la Drôme, les Helviens de l’Ardèche ou les Allobroges de l’Isère, ainsi que tous les autres peuples Gaulois, ils nommaient cette fête d’après l’animal totémique associé à Lugh, c’est-à-dire le cerf. Et en gaulois le cerf mâle se dit « elantio », d’où le nom du mois d’août et de cette fête en gaulois : Elantivios, autrement écrit « Elembivios ».
Suite à la conquête romaine, l’anéantissement des traditions liées au druidismes, et l’établissement d’un pouvoir centralisé, la fête se transforma en « Concilium Galliarum », ou l’assemblée des Gaules. Alors c’est sur Lyon, l’ancienne Lugdunum (ville du lumineux dieu Lug), que les chefs des différentes peuplades gauloises qui n’avaient pas été anéanties se rendaient, plus pour rendre hommage à Rome que pour célébrer Lug ou le cerf…
Cependant, qu’est-ce que l’on fêtait exactement durant ce mois d’août ? Les peuples de langues gaéliques aussi appelaient ce mois d’après cette grande fête : Lughnasadh, ou en irlandais moderne Lùnasa, ce qui se traduit par « l’assemblée de Lug ». En gaélique nàsad veut dire une assemblée. Bien qu’il y ait une autre traduction possible, puisque nàs veut aussi désigner un deuil, une mort que l’on veut honorer. Ce qui est plutôt logique quand on connaît l’histoire mythologique de Lug…
Ce jour on fêtait le début de la période des moissons, durant laquelle tout le monde allait être très occupé. Le travail était tel que tous les membres de la famille, y compris les anciens et les enfants, ainsi que toute la communauté devaient y participer. Ce travail allait leur assurer les stocks de nourriture essentiels à leur survie à travers les mois d’hiver. Alors avant de s’y mettre, on venait partager une grande journée de réjouissance, tout en rendant hommage aux esprits de la terre et du ciel pour que cette moisson soit la plus abondante possible.
Parce que Lug était le dieu du savoir et qu’il nous guidait grâce à ses connaissances, notamment les connaissances liées à l’agriculture et au travail de la terre, c’est à lui particulièrement qu’on dédiait nos hommages et nos espoirs. Le savoir on l’associait et on l’associe toujours à la lumière. Cette lumière qui nous guide à travers l’obscurité, tout comme elle nous guide à travers l’obscurantisme, si vous voyez ce que je veux dire…
On profitait aussi de cette fête pour démontrer aux yeux de tous, les prouesses de nos jeunes femmes et jeunes hommes : que ce soit leur force physique, leur adresse ou leur agilité, leur endurance ou leur technique. Ainsi se tenait des compétitions comparables à des olympiades. La fête durait en effet plusieurs jours, et on venait parfois de loin, depuis les confins du territoire sur lequel vivait un même peuple, pour se voir et pour échanger. Pour célébrer ensemble une période de l’année où l’entraide était essentielle à la survie du plus grand nombre, à l’approche de l’hiver et de la partie sombre de l’année.
Mais il y avait aussi l’histoire de Lug, liée à la mort d’une déesse de la terre. Ces forces de la nature, ces énergies qui régissent notre vie sur terre et dans l’univers, avaient pris différentes formes et différents noms à travers les âges. Les peuples qui se sont succédés leurs ont donné plusieurs noms. Pour les peuples gaéliques, Lug était un ancien champion des Tuatha De Danann, race mythologique qui remonte aux origines de la culture celtique. Ainsi que l’histoire de Tailtiu, qui représente l’énergie que la terre a donné aux champs, pour que le blé et autres plantations puissent germer et grandir jusqu’à maturité. Et c’est en cette saison des moissons qu’après avoir tout donné, cette force se meurt et retourne dans les profondeurs de la terre. Ceci jusqu’au printemps suivant…
Ainsi, en août, on fait aussi le deuil de l’été, tout en vivant dans l’espoir de bonnes moissons, et l’angoisse que suscite de mauvaises récoltes. Sans parler des risques de famines ou de pillages, ce qui était fréquent de la part de voisins peu fortunés, avides ou jaloux… Lug était le champion qui avait vaincu le « Crom Dubh », autre divinité qui aimait chaparder les récoltes pour accumuler un trésor qui ne soit qu’à lui. Crom Dubh an irlandais veut dire « noir et courbé », car il vient durant l’obscurité pour subtiliser les sacs de grains. Ce dernier représente tous les dangers liés à des récoltes qui tournent mal, une divinité qui peut en quelque sorte profiter de la faiblesse de Tailtiu pour la kidnapper et la garder pour lui.
L’été était aussi la saison des règlements de compte et de la guerre. Mais venu le mois d’août les chefs des différents territoires se réunissaient durant ces célébrations pour convenir d’une trêve. Ceci permettait aux guerriers et guerrières de retourner au sein de leurs familles et de leurs fermes, pour se consacrer aux moissons. Il en allait de la survie de tous chez la race des humains… Selon les peuples et les régions, les rituels étaient sensiblement différents. En Irlande, par exemple, qui n’a pas connu la conquête romaine ni les conquêtes barbares, de nombreuses traditions sont restées vivantes jusqu’au 19e siècle, voir même le milieu du 20e siècle dans les campagnes.
On a donc conservé de nombreux témoignages oraux et écrits. Voici comment la fête se déroulait : les premiers blés coupés étaient amenés de manière cérémonielle jusqu’au sommet d’une colline ou d’une montagne sacrée, associée au dieu Lug. Ceci pour lui demander d’intervenir durant les moissons et faire en sorte que le Crom Dubh soit maintenu en échec. Puis sur les lieux des grandes assemblées était organisé un grand repas partagé, avec tous les premiers produits de la saison. On sacrifiait un grand taureau dont la carcasse toute entière une fois cuisinée était distribuée à tous. Et on dansait avec un jeune veau pour célébrer son remplacement.
On dansait sur des figures en lien avec la bataille que se livraient Lug et Crom Dubh, ainsi que le deuil de Tailtiu. Des hommes et des femmes habillés en costumes faisaient revivre sous forme théâtrales les différentes versions de ces mythes très anciens. La fête durait trois jours et elle était présidée par un jeune homme élu comme le plus beau et plus fort pour représenter Lug lui-même. Le dernier jour on se recueillait pour rendre hommage à la fin d’un nouveau cycle, et le renouveau d’un autre. On se souhaitait courage et vigueur pour le travail des moissons, qu’elles soient abondantes pour chacun, et on s’en retournait dans nos fermes.
Il y aurait encore tant d’informations et d’histoires à vous raconter, mais je manque de temps. Alors je vais finir ici pour aujourd’hui, en vous souhaitant un bon premier août ! En particulier à nos amis suisses, qui on en fait leur fête nationale !
Dans le festiaire, le calendrier et la Mythologie celtique irlandaise, écossais et l'île de Man (Gaëls), Lugnásad (en irlandais moderne Lúnasa, qui est le nom du mois d’août) est une fête religieuse dont le nom signifie « assemblée de Lug », l'une des principales divinités des peuples celtiques (paganisme et néopaganisme). Elle a lieu au début du mois d’Elembivios du calendrier de Coligny, approximativement vers le 1er août du calendrier grégorien, ou à mi-chemin entre le solstice d'été et l'équinoxe d'automne, pendant la période des récoltes. Cette fête est, sous certains aspects, comparable à lammas.
Les fêtes gaélique (de mi-saison) ont une dimension agraire. Samain est à bien des égards une fête d’automne, Im(b)olg une sortie de l’hiver, Beltaine une fête de printemps et Lugnásad une fête d’été (fête de la récolte). Il s'agit de périodes sur la roue de l'année.
L’équivalent ancien-celtique continental ou « gaulois » est le Concilium Galliarum : l'« assemblée des Gaules ».
Description
Françoise Le Roux a vu dans la Lugnasad une fête royale marquée par la redistribution des richesses et l’équité, sous l’autorité des druides. C'est une trêve militaire qui célèbre la paix, l’amitié, l’abondance et la prospérité du royaume. Elle est obligatoire et réunit les trois classes (sacerdotale, guerrière et artisanale) de la société celtique.
Elle est décrite comme une foire de commerce, mais aussi une occasion de régler les contentieux, de célébrer des mariages, d’entendre des poètes et des musiciens. S’il n’y a pas de cérémonie religieuse, on y fait des jeux et des courses, similaires aux Olympiades grecques.
Philippe Jouët indique : « La fête de Lugnásad au premier août est l'« Assemblée de Lug », de Lug + násad (mdIrl. Lughnasadh, Lúnasa, Sc-gaélique Lùnasdal, manx Launistyn), nom qui a été compris comme « noces de Lug ». C'est l'une des grandes fêtes gaéliques, fin de l'été et ouverture de l'automne, « solennité ou jeux de Lug, fils d'Eithne, institués par lui au commencement de l'automne » (Glossaire de Cormac, éd. Stokes, TIG 26 ; éd. K. Meyer, Anecdota IV § 796) en souvenir de sa mère adoptive Tailtiu, inhumée par lui dans la colline qui porte son nom. Le sens d'« assemblée » pour násad donné avec d'autres par O'Clery est le bon. Le sens reçu de « commémoration » en est dérivé.
Il précise : « Des notices toponymiques, les Dindshenchas de Tailtiu et de Carman, en exposent le fond mythique. À Lugnásad on commémorait par des jeux la mort sacrificielle d'une déesse de la terre productrice, Tailtiu fille de Magmór et nourrice de Lug. (...) Le sacrifice de Tailtiu « Terre » eut pour conséquence d'assurer la richesse agricole aux Irlandais. À Carman, autre fête légale, on assurait la prospérité d'une province. (...) La date de Carman est celle de Lugnásad, mais elle se tient tous les trois ans. (...) Le Concilium Trium Galliarum, « assemblée des Trois Gaules » (Strabon, IV, 3, 2 ; Tacite, Ann., III, 44 ; Suétone, Divus Claudius 2 ; Dion Cassius, LIV, 32 et LIX ; Juvénal, Satire I, 43-44, qui évoque les jeux ; Suétone, Caligula 20), attestée aussi par des inscriptions, se tenait « au confluent de la Saône et du Rhône ». Bien que le concilium fût une assemblée provinciale romaine, on peut penser qu’il a succédé à une fête celtique célébrée en un lieu consacré à *Lugus, comme la fête irlandaise de Lugnásad au premier août. »
Philippe Jouët ajoute que l'équivalent brittonique de la fête de *Lugus est goelaoust (gouel eost « fête d’août ») dans des documents bretons des XIVe et XVe siècles, commentée par J. Loth, Annales de Bretagne 13, 1898, 260, qui correspond au gallois gwyl awst de même sens, fête du début d’août. Giraud de Cambrie fait état d'une fête au tout début du moins d'août, sur une montagne du Brycheiniog. En Bretagne aussi la fête de saint Louan ou Luhan, dont le nom est issu de *lugu- (qu'il s'agisse d'un saint irlandais ou d'un breton), est célébrée en août, soit le 4 ou le dernier dimanche du mois. Les miracles attribués à ce Lou(h)an sont caractéristiques d'un dioscure immortalisé : guérisons d'un feu (ulcère), retour à la vie, allongement de la clarté du jour pour permettre un long voyage (ces données sont indigènes). Fête de sant Louhan : breton Gouel Luhan.
Lug dans la religion gauloise
L'importance de Lugos, *Lugus en Gaule et dans les régions anciennement celtes est attestée par un certain nombre de toponymes dont les plus connus sont Lugdunum (Lyon), Laon en France ou encore Legnica en Pologne actuelle. On peut aussi citer Lugano en Suisse (canton du Tessin), ainsi que Lugdunum Convenarum (aujourd'hui Saint-Bertrand de Comminges). On trouve en Gironde trois villages assez voisins dénommés Lugasson, Lugaignac et Lugos (et sa petite chapelle).
En Gaule, des témoignages épigraphiques et des documents iconographiques (monnaies, bas-reliefs) relient Lugus au chevalqui est son avatar.
Comme son homologue irlandais nommé « Lugh Long-bras », il apparaît, dès le IIIe siècle av. J.-C. tant sur des monnaies de la Gaule de l'Est que sur des hémistatères nord-armoricains comme conducteur du chariot solaire avec une main ou un avant-bras de longueur excessive. En tant que tel, il est l'impulseur du mouvement solaire, tout comme le dieu indien Savitar (Savitr), l'impulseur aux grands bras « qui assure à chacun sa place ».
Les divinités traditionnelles des Gaulois ont continué d'être honorées après la conquête. Cela ne dérangeait pas l'autorité romaine dans la mesure où la religion ne servait pas de prétexte à comploter contre elle et n'excluait pas le culte fédérateur à l'empereur. Il arrivait certainement que les Romains installés en Gaule adoptassent dans leur pratique religieuse une divinité locale.
Jules César, dans ses Commentaires sur la Guerre des Gaules tente de l'identifier au dieu latin Mercure et le présente comme le plus important dieu gaulois : « Le dieu qu’ils honorent le plus est Mercure : ses statues sont les plus nombreuses, ils le considèrent comme l’inventeur de tous les arts, il est pour eux le dieu qui indique la route à suivre, qui guide le voyageur, il est celui qui est le plus capable de faire gagner de l’argent et de protéger le commerce. » Les historiens des religions, plutôt qu'une assimilation stricto sensu au Mercure romain, voient dans la description de ce Lugus Mercurius l’équivalent du Lug Samildanach, mobilisateur des fonctions souveraines et artisanales.
Le Lugus gaulois est à la fois un dieu « lieur » par la magie, ainsi qu'un dieu « lié » avec des chaînes. Selon l'universitaire Patrice Lajoye, son culte dans la Gaule christianisée sera poursuivi par celui de saint Léonard, représenté tenant des chaînes et qui balise les frontières d'espaces géographiques.
Dans la religion gauloise, Lug a pour emblème symbolique la lance, la harpe, le sanglier, le corbeau et la fronde, mais aussi plus trivialement la tige ou paille, le fil ou la corde, le crin ou le poil, le lien ou l'attache.
Lug dans la mythologie celtique brittonique
Dans la mythologie celtique galloise, Lug est appelé Llew Llaw Gyffes (« à la main adroite »). Il apparaît dans la littérature dans les récits des Mabinogion. Llevelys est un « Lugus aux paroles de miel » dont le rôle est de conseiller et d'aider son frère Lludd à remettre en ordre son royaume menacé.
Lug dans la mythologie celtique irlandaise
Dans la mythologie celtique irlandaise, il est mentionné notamment dans le Cath Maighe Tuireadh, la « Bataille de Mag Tured » et dans le Táin Bó Cúailnge, la « Rafle des Vaches de Cooley ». De nos jours, Lug est présent dans la fête du 1er août : Lugnasad (Lúnasa en graphie moderne).
Les Tuatha Dé Danann
Selon les sources irlandaises, la société divine est structurée de la même manière que la société humaine, et l'organisation des Tuatha Dé Danann, les Gens de la tribu de Dana hiérarchisée en trois classes fonctionnelles. La société divine est articulée autour du roi représentant la société entière, Lug Samildanach ou Nuada, le roi des dieux, avec la fonction sacerdotale représentée par Dagda, le dieu-druide, la fonction guerrière prise par Ogmios, le dieu de la magie guerrière et du savoir, la fonction artisanale étant prise par Goibniu, le forgeron, Credne, le bronzier, Luchta, le charpentier. Participent aux trois fonctions : Diancecht, le médecin, Oengus ou Mac Oc qui incarne la jeunesse et Brigit, la déesse des poètes, des forgerons et des médecins.
Ce schéma correspond à l'idéologie tripartite des Indo-Européens telle qu’elle a été étudiée par Georges Dumézil. Cependant, Lug est par essence rétif au classement et « bénéficie d'une indépendance fonctionnelle héritée ». Il est au-dessus car il peut assumer toutes les fonctions (il est le dieu-roi). L'un de ses surnoms est Samildanach, le « polytechnicien » en ce sens qu'il maîtrise tous les arts, toutes les sciences.
Genèse et initiation de Lug
Lug est le fils de Cian et Eithne, il est aussi apparenté aux Fomoires par son grand-père maternel Balor, qu'il tue avec son lance-pierre, conformément à une prophétie. Dans le récit de la conception de Lug, on reconnaît la légende héritée du Dioscure survivant, né de l'Aurore qui triomphe de son grand-père Balor, celui-ci s'efforçant d'empêcher le renouvellement du cycle cosmique.
Lug n'est pas admis d'emblée chez les dieux. Il lui faut surmonter une initiation pour être incorporé à la société des dieux.
Alors qu'il se présente à la résidence du roi Nuada, à l'occasion d'une fête, le Portier lui refuse l'accès. Lug affirme qu'il peut être utile, on lui répond par la négative ; c'est ainsi qu'il est successivement charpentier, forgeron, échanson, champion, magicien, harpiste, poète et historien. C'est en qualité de joueur d'échecs qu'il est accepté, et dispute une partie avec le roi qu'il bat. Cette partie est purement symbolique puisqu'il s’agit d’une joute intellectuelle à l'issue de laquelle, Lug prend le pouvoir du monde.
On le retrouve combattant avec son fils Cúchulainn, lors de l'invasion de l'Ulster par la reine Medb.
Multiples fonctions de Lug
Un autre de ses nombreux surnoms est lamfada « au long bras ». Cette épithète confirme l'universalité de ses pouvoirs. Il maîtrise la création, les échanges, la pensée et la beauté, c'est un magicien, un guerrier et un artisan qui peut aussi se montrer vindicatif et obscur.
Dieu magicien, il protège son camp en gesticulant d'un bras, sautant à cloche-pied et en fermant un œil. Georges Dumézil a tenté de faire un parallèle entre Lug et le dieu borgne scandinave Odin ou son corollaire védique Varuna, mais a finalement renoncé à cette comparaison pour le domaine celtique. La posture de Lug est une mimique rituelle, pas une mutilation. Philippe Jouët voit dans la posture « sur un pied, avec un œil et une main » un rite de l'année où Lug, Dioscure guérisseur, mime la mutilation du cycle qui s'achève.
Dans le Táin Bó Cúailnge, Lug guérit Cúchulainn en accord avec sa fonction de médecin dioscurique.
Plusieurs textes irlandais dont le Lebor Gabála Érenn « Livre des Conquêtes d’Irlande » précise que Lug fut le premier qui inventa les courses et les combats de chevaux et que le dieu fut le premier qui monta à cheval par rapport à la pratique ancestrale de l'attelage.
Il possède une lance magique, arme mortelle à chaque coup mais qui sert aussi à l'adoubement royal ; elle est inséparable du Chaudron du Dagda rempli de sang, il faut qu'elle y soit plongée pour éviter qu'elle ne détruise tout autour d'elle ; il se sert aussi d’une fronde redoutable. Pour les arts, il a une harpe qui joue de la musique toute seule, mais dont il sait se servir admirablement : elle peut endormir, faire pleurer ou rire.
Comme la Morrigan, il apparaît parfois sous la forme d’un corbeau.
Représentation et symbolique de Lug
Le Lugh irlandais possède/utilise plusieurs objets magiques :
- la lance en bois d'if appelé Gea Assail, ou Ar-éadbair,
- le lance-pierre appelé cloich tabaill, ou lía tailm, ou Tathlum,
- le chien Failinis,
- l'épée Freagarthach / Fragaragh prêtée par Manannan Mac Lir,
- le cheval Aenbharr prêté par Manannan Mac Lir,
- le bateau Scuabtuinne / Sguaba Tuinne prêté par Manannan Mac Lir.
Il est aussi symbolisé avec une harpe (il est harpiste au banquet à Tara), un sanglier, une main ou un bras démesuré — sur les pièces de monnaie — car il est appelé lamfada « au long bras », ou Llaw Gyffes « à la main adroite ».
C'est probablement le dieu qui est associé par les anciens Celtes dans leur iconographie à un arbre de vie et qui était gardé par deux dragons, emblème guerrier qui s'est répandu dans toute l'Europe celtique aux IVe siècle et IIIe siècle .
Continuité mythologique au Moyen Âge
Il est possible que plusieurs Vies de saints au Moyen Âge contiennent des réminiscences de la mythologie de Lug Comme par exemple saint Michel lui aussi surnommé Le Lumineux.
Toponymie
La racine *loukís (lumière) serait à l'origine de nombreux noms de lieu : Loudun, Ligueil, Montluçon, Luton, Laon dans l'Aisne (Lugdunum), Lyon (Lug-dunum), Laudun-l'Ardoise dans le Gard (Lauduno 1088), Lausanne, Lucerne, Lugnez, Leyde, Legnica, Lothian, Lugones, Siero (en) (Espagne), Lugo (Espagne), Loudoun (en) (Écosse), et de la Lune.
Dans la culture
- Lug fait partie des nombreux dieux cités dans la série de bande dessinée Astérix.
- Lug a inspiré le Pokémon légendaire Lugia.
- Dans l'album Evocation II: Panthéon sorti en 2017 (album invoquant plusieurs dieux gaulois) du groupe de folk metal suisse Eluveitie, Lug a droit à son propre morceau : Lugus
Le Druide Benevolos a parlé et comme toujours il a bien parlé ! Par Ogmios , Dieu de l' éloquence !
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