La taverne d\' Engy

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OFFRANDES !

En Gaule celtique, les druides sont les spécialistes du sacré et du savoir !

 

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Des sanctuaires et des sacrifices aux dieux

Les sanctuaires celtes de l’âge du Fer présupposent une organisation de la vie religieuse et cultuelle. Ce sont les druides qui officient au bon déroulement des rituels, des activités sacrificielles et des cérémonies. Mentionnés par les auteurs grecs et latins de l’Antiquité, ces prêtres gaulois sont présentés comme des savants, des philosophes, des poètes et des instructeurs…

 

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DES DRUIDES, DES SANCTUAIRES ET DES GUERRIERS

Les peuples celtiques et gaulois pratiquent des rituels funéraires, organisent des banquets, placent des dépôts votifs et des offrandes dans les sépultures, les sanctuaires, les rivières ou encore les étangs… Mais le déroulement précis des cérémoniels nous est inconnu…

 

Au cours des périodes de Hallstatt, au VIIIe siècle avjc, et de la Tène, à partir du Ve siècle avjc, les peuples celtes et gaulois possèdent semble-t-il une culture spirituelle très singulière. Si la littérature irlandaise a conservé des traces de l’univers mythique celtique, les informations parvenues jusqu’à nous sont très partielles.

 

 

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Palissades, fossés et mannequins –trophées distinguent les sanctuaires celtiques de l’âge du Fer…

Les druides, des personnages savants et magiciens

 

La littérature continentale et insulaire (France, Irlande, Angleterre…) témoigne pourtant de la place essentielle occupée par des personnages savants et magiciens parmi la population celtique.

En Gaule celtique, conseiller et conciliateur, le druide apparaît comme une figure clé de la communauté dont il garantit l’harmonie et les valeurs morales. Il joue un rôle très important pour créer et maintenir la cohésion sociale…

 

 

 

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Sanctuaires celtiques et mannequins-trophées


Dans le nord et l’ouest de la France, des sanctuaires celtiques ont été identifiés et fouillés. Ils remontent au IIIe avjc et restent actifs jusqu’au premier siècle avjc. Jusqu’à la conquête romaine, ces installations cultuelles gauloises, souvent proches d’une étendue d’eau, sont construites en bois et sont donc périssables…

 

Sacrifices d’animaux et destructions rituelles

 

Les sanctuaires de la Gaule celtique possèdent une enceinte, circulaire à l’origine, puis quadrangulaire, qui abrite le nécessaire aux sacrifices d’animaux. Des armes et des ossuaires sont exposés sous forme de trophées-mannequins.

 

 

 

 

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D’après un trophée et victoire ailée, monnaie grecque de Syracuse, IVe-IIIe siècle avjc ; et des trophées, denier de la République romaine, Ve-Ier siècle avjc, Rome.  (Marsailly/Blogostelle)

De plus, de nombreuses armes sont soumises à des destructions rituelles avant d’être jetées dans des fosses qui renferment aussi des restes d’animaux sacrifiés… Par ailleurs, on retrouve le thème des trophées-mannequins dans les pratiques gréco-romaines…

 

Des pratiques sacrificielles étranges

 

Parfois, des corps humains sont exhibés après qu’ils ont subi divers traitements : dépeçage, démembrement, réduction… On jette dans les fossés des sanctuaires les restes des animaux immolés et des débris d’armes.

 

 

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Des crânes humains et de bovidés peuvent également participer à cette mise en scène spectaculaire. Les sanctuaires celtes et gaulois semblent remplir une fonction à la fois religieuse et politique.  Ces lieux sacrés sont en effet propices à des rassemblements parfois importants.

 

À partir du premier siècle avjc, l’espace sacré se déploie au cœur de vastes enceintes où se déroulent des célébrations et des réunions. Plus tard, à l’époque de la Gaule romaine, des sanctuaires gaulois, les fana (singulier fanum), sont reconstruits en pierre.

 

 

 

 

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Des fêtes, des banquets et des animaux immolés

 

Toutes les fêtes celtes s’accompagnent de banquets et de sacrifices d’animaux domestiques. Parmi les fêtes celtiques, l’une d’entre elles, que l’on célèbre tous les cinq ans, donne lieu à des immolations impressionnantes.

 

On sacrifie alors des animaux, enfermés dans une construction en bois à laquelle on met le feu… Les archéologues ont mis au jour des restes d’animaux comme des moutons, des porcs et des bovidés, qui parfois sont déposés entiers dans des fosses cultuelles.

 

 

 

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La cueillette du gui selon Pline l’Ancien

Mais le mystère reste entier concernant les rituels druidiques… En Gaule, seules quelques inscriptions gallo-romaines mentionnent un druide invocateur. Il semble aussi que le druide sacrificateur préside aux rituels sacrificiels.

 

Un cérémonial dans la nature

 

Pline l’Ancien, auteur latin du Ier siècle, évoque le druidisme. Il mentionne la cueillette du gui, accompagnée du sacrifice de deux taureaux.

 

Le rituel de la cueillette du gui serait en relation avec l’élection royale. C’est un thème que l’on retrouve en Irlande. Selon le récit de Pline l’Ancien, le cérémonial de la cueillette du gui, celui qui guérit tout en langue celtique, se déroule au cœur de la nature lors de la sixième lune…

 

 

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Le sayon blanc symbolise la pureté sacerdotale et l’or de la serpe la perfection incorruptible…

Une serpe d’or et deux taureaux blanc immolés

 

Les druides organisent le rituel de la cueillette du gui dans la forêt, dans une clairière ou bien encore en un lieu considéré comme sacré. Au pied de l’arbre, les druides préparent le sacrifice et le banquet religieux. On amène deux taureaux blancs…

 

Un druide coupe le gui à l’aide d’une serpe d’or avant de placer sa cueillette dans un sayon blanc (une sorte de drap). Le blanc symbolise la pureté sacerdotale et l’or la perfection, l’incorruptibilité, l’immortalité. Puis les taureaux sont immolés.

 

Ce rite du gui se rattache aussi sans doute aux vertus médicinales et thérapeutiques des plantes, selon les conceptions de la doctrine druidique. Ce sont les druides qui pratiquent la médecine…

 

 

 

 

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L’empire romain interdit le druidisme

Après la conquête romaine, le druidisme décline lentement et va finir par disparaître… La Gaule tombe sous l’égide du système politique romain. L’empereur Claude, vers 41-54 apjc, décrète l’interdiction du druidisme.

 

Les druides meneurs de révoltes…

 

Cette décision illustre le danger que représentent les druides, très influents dans la population gauloise, pour les Romains. En particulier au début de l’empire, les druides jouent probablement un rôle d’instigateur ou de meneur lors des révoltes gauloises qui ont lieu au cours du premier siècle…

 

À la croisée des hommes et des dieux, gardiens de la tradition orale et de la connaissance, les druides vont disparaître… et emporter avec eux leurs secrets. Mais le personnage du druide continuera longtemps de nourrir l’imagination populaire, ainsi que celle des écrivains et des artistes…

 

 

 

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Des sacrifices humains selon les auteurs latins

 

Si les détails des rituels et des cérémonials restent une énigme, les conceptions spirituelles du druidisme, en particulier tout ce qui renvoie au rythme des saisons, à l’Autre Monde et à la croyance en l’immortalité ont laissé quelques traces…

 

L’archéologie, à ce jour, n’est pas en mesure d’infirmer ou de confirmer les pratiques évoquées par les auteurs grecs et latins, parmi lesquelles celle du sacrifice humain. Mais ces auteurs ne sont probablement pas complètement objectifs à l’égard de ceux qu’ils nomment les barbares…

 

 

 

 

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« Le ministère des druides »

 

Ainsi César raconte dans ses Commentaires que « Toute la nation gauloise est très superstitieuse ; aussi ceux qui sont attaqués de maladies graves, ceux qui vivent au milieu de la guerre et de ses dangers ; ou immolent des victimes humaines, ou font vœu d’en immoler, ont recours pour ces sacrifices au ministère des druides… »

 

Pline l’Ancien de son côté mentionne la disparition des druides, dont il qualifie les pratiques de « monstruosités »…

 

 

 

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« Les Gaules possédées par la magie »

 

Pline l’Ancien écrit encore… « Les Gaules ont été aussi possédées par la magie, et même jusqu’à notre temps ; car c’est l’empereur Tibère qui a supprimé leurs druides et cette tourbe de prophètes et de médecins. Mais à quoi bon rapporter ces prohibitions au sujet d’un art qui a franchi l’Océan et qui a pénétré jusqu’où cesse la nature ?

 

La Bretagne cultive aujourd’hui même l’art magique avec foi et de telles cérémonies qu’elle semblerait l’avoir transmis aux Perses. Ainsi tous les peuples, quoiqu’en discorde et inconnus les uns des autres, se sont accordés sur ce point.

 

On ne saurait donc suffisamment estimer l’obligation due aux Romains pour avoir supprimé ces monstruosités dans lesquelles tuer un homme était faire acte de religion, et manger de la chair humaine une pratique salutaire ». (Pline l’Ancien, Histoire naturelle, XXX, Traduction Littré, 1846).

 

 

 

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Des rites, des incantations et des prédictions

 

Dans la littérature irlandaise, on retrouve les traces de quelques rites et procédés divinatoires et incantatoires. Ainsi, la science qui illumine, Imbas forosnai, correspond à la consommation par le devin de la viande et du bouillon d’un taureau sacrifié.

 

Le vate celtique, spécialiste de la prédiction et de la divination, plonge ensuite dans un sommeil onirique, protégé ou provoqué par des incantations. Ce cérémonial est décrit dans un rituel d’élection royale. Pour la Manducation héroïque, le teinm laegda, le devin se mord le pouce sous la dent de sagesse et chante un quatrain divinatoire…

 

 

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Le devin irlandais

 

En Irlande, le rôle du devin va devenir prédominant. On lui attribue diverses spécialités, comme conteur, satiriste, harpiste, échanson, historien, généalogiste, enseignant, juge, arbitre, médecin, chirurgien…

Ou encore on  qualifie le devin de pratiquant des trois médecines – végétale, magique et sanglante – et aussi d’architecte ou d’ambassadeur… Mais dans la tradition irlandaise, le devin apparaît surtout comme un spécialiste de la prédiction, seule fonction sacerdotale accessible aussi aux femmes appelées parfois druidesses…

 

 

 

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LES DRUIDES INCARNENT LA CULTURE CELTIQUE

Tout en conservant leur indépendance et leurs particularités, les gaulois développent leur culture en étroite relation avec le monde grec, notamment par l’intermédiaire de Massilia (Marseille), fondée vers 600 av jc par des Grecs phocéens. Les druides, très instruits, sont intimement unis à la civilisation gauloise celtique…

 

 

 

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Le druidisme repose sur une transmission orale

Les peuples de la Gaule celtique cultivent des contacts avec la civilisation grecque. Ainsi, les druides s’enrichissent de la philosophie grecque. Certaines conceptions spirituelles celtiques rappellent la pensée des pythagoriciens, dont la doctrine est fondée par le philosophe grec Pythagore (vers 580-495 avjc).

 

Un univers régi par les nombres

 

On retrouve ainsi l’idée d’un univers régi par les nombres, la croyance en une âme immortelle et la réincarnation en une succession de vies, l’interdiction d’écrire ou de représenter ce qui relève du sacré, dont l’enseignement se transmet uniquement oralement, dispensé par les druides.

 

 

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D’après le Commentarii de Bello Gallico, XVIIIe siècle, une édition des Commentaires de César. (Marsailly/Blogostelle)

« Les âmes ne périssent point »

 

Dans La Guerre des Gaules, commentaires de César rédigés vers 52-51 avjc, le chef de guerre romain évoque ce qu’il connaît des druides.

 

« Une croyance qu’ils cherchent surtout à établir, c’est que les âmes ne périssent point, et qu’après la mort elles passent d’un corps dans un autre, croyance qui leur paraît singulièrement propre à inspirer le courage, en éloignant la crainte de la mort… »

 

 

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Les Gaulois ont en effet la réputation d’être de redoutables et courageux guerriers. L’élite celtique de l’âge du Fer se fait inhumer avec un mobilier funéraire qui se distingue par l’importance du service à boire, lié au banquet, et du char d’apparat ou de combat.

 

En dehors de son rôle social et funéraire de prestige, il est possible aussi que ce véhicule possède une dimension symbolique ou spirituelle en relation avec le passage ou le transport dans l’au-delà…

 

 

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En celtique ancien reconstruit, le mot désignant à la fois offrande et sacrifice est Adberto. Ce mot trouve son rapprochement avec le gallois Aberth et Iobairt en Irlandais et Gaelique. Dans la langue celte, offrande et sacrifice sont deux synonymes.

 

Les offrandes sont communes à tous les rituels de l’antiquité, et se ressemblent souvent. Nous allons voir ici les différents types d’offrandes en usage dans l’antiquité.

 

Les offrandes alimentaires.

 

Les offrandes dits alimentaires concernent en particulier le pain, le vin et les fèves.

Plutarque, dans la vie du Numa écrivait « Il avait défendu, par exemple, de faire des libations aux dieux avec le vin d’une vigne non taillée, et de sacrifier jamais sans farine » et indique « Les deux premières ordonnances semblent recommander la culture de la terre, comme étant une partie de la religion« . Dans les gaules, le pain et le vin étaient sacrifiés pour la récolte des plantes sacrés, et les druides n’en étaient pas à quelques superstitions. Pline l’ancien écrit au livre XXIV (24) chapitre LXII (62) : « On la cueille sans l’entremise du fer, avec la main droite passée à cet effet par l’ouverture gauche de la tunique, comme si on voulait faire un larcin; Il faut être couvert d’un vêtement blanc, avoir les pieds nus et bien lavés, et avoir préalablement sacrifié avec du pain et du vin. On l’emporte dans une serviette neuve. Les druides gaulois ont prétendu qu’il faut toujours l’avoir sur soi contre les accidents, et que la fumée en est utile pour toutes les maladies des yeux« .

 

Le lait pouvait aussi être offert avec le pain ou gâteaux salés, ainsi Pline l’ancien écrivait au livre I texte IX « Mais les campagnards et beaucoup de nations ne font aux dieux offrande que de lait et de gâteaux salés, n’ayant point d’encens; et jamais ou n’a reproché à personne d’honorer les dieux comme il le pouvait » Ce même auteur précise la raison d’offrire des galettes cuites de blé plutôt que des grains de blé, selon les recommandations du roi romain Numa au livre XVIII chapitre II texte II « Numa établit l’usage d’honorer les dieux avec des grains, de les supplier en leur offrant une pâte salée, et, d’après Hémina, de rôtir le blé, attendu que, rôti, il donne une nourriture plus saine. Il n’eut qu’un moyen d’obtenir ce dernier point : ce fut en statuant que le blé n’était pas une offrande pure, à moins de passer par le feu« .

 

Pline l’ancien, au livre XVIII (18) chapitre XXX (30), écrit : « Dans les rites antiques, la bouillie de fève a son rôle religieux en l’honneur des dieux. La fève se mange généralement en bouillie; On pense qu’elle engourdit les sens, et qu’elle ne produit que des songes illusoires. Pythagore en condamne l’usage pour cette raison; Mais suivant d’autres, parce que l’âme des morts sont dans les fèves. C’est cette dernière opinion qui a fait que l’on en prend dans les repas funèbres des Parentales. D’après Varron, le flamine n’en mange pas pour la même cause, et aussi parce que l’on trouve dans la fleur de la fève des lettres lugubres« .

 

La fève contenant l’âme des morts est d’avantage à interpréter comme étant lié au monde souterrain, le royaume des défunts, tout comme la céréale également née du sol et utilisée en offrande.

Dans les Gaules, les fèves ont aussi été utilisés dans les rituels. Ainsi dans le recueille de Jean Deslyons collectant les semons envers le paganisme et intitulé « Discours ecclésiastiques contre le paganisme et des rois de la fève », dans lequel il créé un parallèle entre la fête de l’épiphanie et la célébration ancienne de Phébus, nom solaire de Apollon. Et lequel en Gaule a l’équivalent de Grannos et éventuellement Belenos. Apollon dont l’église aurait renommé Jesus. il est dit dans ce sermon « Dire « Phoebe Domine » cela signifie Seigneur Phoebus », et c’est invoquer le soleil par son nom. Dire Faba Domine, cela signifie Dieu ou Seigneur de la fève, vient ici à la benediction, et à la distribution de ce gâteau« . ajoutant « nous savons que ces misérables peuples divinisaient jusqu’aux choux et aux oignons de leurs jardins. Mais surtout la fève leur était si sainte, qu’ils n’osaient ni en semer, ni en manger, ni même la regarder des yeux, mais ils la tenaient dans un temple, cachée d’un voile, comme un grand mystère« .

 

Au sujet de l’oignon, celui-ci bénéficiait aussi d’une observation sacrée. Plutarque, dans la vie de Numa, indique le sacrifice des oignons. Il écrit « ils lui enseignèrent l’expiation des foudres, telle qu’on la pratique de nos jours, par le moyen d’oignons, de cheveux et d’anchois« . 

 

Le Miel a été utilisé en offrande en Irlande. Saint Patrick rapporte dans sa confession « ils trouvèrent du miel sauvage et m’en offrirent une partie. Et un d’entre eux dit : « Ceci est offert en sacrifice.» »

 

Les sacrifices d’animaux !

 

Les sacrifices d’animaux n’ont plus cours dans le paganisme actuel, cela irait à l’encontre des valeurs du respect de la vie. Néanmoins le sacrifice des poules peut exister de manière très marginale.

Durant l’antiquité, se pratiquait le sacrifice des animaux et en particulier des animaux de la ferme pour les banquets. Soit des ovins, des caprins, des bovidés. Ces sacrifices d’animaux se suivaient d’un banquet rituel lequel assurait l’ordre social de la société et les liens entre les celtes, mais il avait également l’aspect mystique de la divination par les viscères. Cette forme de divination était par ailleurs pratiqué dans de nombreuses civilisations antiques. Diodore de Sicile écrivait au livre V «  Ils ont aussi chez eux des philosophes et des théologiens appelés Saronides, pour lesquels ils sont remplis de vénération. Ils estiment fort ceux qui découvrent l’avenir, soit par le vol des oiseaux, soit par l’inspection des entrailles des victimes (animaux sacrifiés), et tout le peuple leur obéit aveuglément« . Les Saronides, ou philosophes, sont les druides. Le peuple leur obeit, non par aveuglément, mais parce qu’il ne lui était pas donné le droit de contredire les druides. En effet, Jules Cesar, dans le livre de la Guerre des Gaules au livre VI, écrit : « Si un particulier ne défère point à leur décision, ils lui interdisent les sacrifices« .

Le chien est un exemple atypique. Son sacrifice semble remonter à des temps très anciens, il était sacrifié lors des Lupercales par les romains, mais on trouve aussi des restes de chien ou de loup dans les banquets gaulois. Par ailleurs, le chaudron de Gundestrup montre, sur le fond, un personnage muni d’une épée et un chien. Aurait-il existé des Lupercales gauloises ? Concernant les Lupercales romaines Plutarque explique dans la vie de Romulus que la fête du loup est aussi observée chez les grecs et que celle-ci est très ancienne. Il écrit au chapitre XXVII (27) : « celle des Lupercales, à en juger par l’époque de sa célébration, doit être une fête d’expiation : c’est le jour le plus malheureux du mois de février ; et le nom même de ce mois signifie expiatoire. Ce jour s’appelait anciennement Februata. Le nom de la fête veut dire en grec la fête des loups ; cela prouve qu’elle est très ancienne, et qu’elle date du temps des Arcadiens qui suivirent Évandre en Italie ; c’est du moins l’opinion commune ». Il évoque le sacrifice du chien « Une autre particularité de cette fête, c’est que les luperques y sacrifient un chien« . Et à nouveau, il créé un parallèle avec les grecs : « Quant au chien qu’on sacrifie, si cette fête est réellement un jour d’expiation, il est immolé sans doute comme une victime propre à purifier. Les Grecs eux-mêmes se servent de ces animaux pour de semblables sacrifices« . Si les grecs et les romains ont sacrifié le canidé dans les rites de purification, il est bien probable que les celtes en firent de même D’autant que ces peuples ont été en contact permanent depuis au moins le début de l’âge du fer. Toutefois, les textes anciens ne le précisent pas.

 

Cela étant, la pratique du sacrifice animal était déjà contesté par certains sages de l’antiquité. Nous savons que Pythagore avait défendu le sacrifice animal dans les temples. Plutarque rapporte du roi romain Numa, que ce dernier avait demandé la même recommandation du temps de son règne « Ses sacrifices répondaient fort aussi aux rites pythagoriciens : il n’y en avait pas de sanglants ; et on y usait ordinairement de farine, de libations, et d’autres choses très-simples« .

 

Les offrandes de métaux !

 

Certes, ce type d’offrande s’applique aux marchands, philosophes ou aristocrates. Les offrandes de métaux pouvaient consister en un ouvrage finement décoré commandé à un artisan, en pièces de monnaie, en barres de métaux. Il n’était pas permis de voler une offrande, sous peine de condamnation. 

Diodore écrit « Dans leur pays, le pavé des temples est semé de pièces d’or que l’on a offert aux dieux. Mais quoi que tous les celtes soient extrêmement avares, pas un d’eux n’ose y toucher, tant la crainte des dieux est imprimée dans leur âme« . Strabon évoque aussi la superstition et la piété des gaulois «  La richesse s’y était accumulé, la piété multipliant les offrandes, en même temps que la superstition empêchait d’y porter la main« . Plus concret et objectif, Jules Cesar évoque surtout la peine infligée pour le vol d’une offrande « Il n’arrive guère, qu’au méprit de la religion, un gaulois ose s’approprier clandestinement ce qu’il a pris à la guerre, ou ravir quelque chose de ces dépôts. Le plus cruel supplice et la torture sont réservés pour ce larcin« . La crainte de la punition expliquait bien davantage la raison de la réticence des gaulois à toucher les offrandes, bien plus efficace que la piété et la superstition. Strabon relate toutefois un fait concernant le vol d’une offrande « c’est pour avoir touché à ces trésors sacrés, que Cæpion finit ses jours si misérablement, loin de sa patrie d’où il avait été chassé comme sacrilège« .

 

Une offrande de ce type pouvait être suivie d’une stèle en remerciement du voeux si les attentes avaient été comblées. La forme celtique était « Dede Bratou decanten(a) », signifiant « a donné la dîme ». La dîme se retrouve en gallois par le mot Degwm. Je me risquerais à dire que Bratou peut être une déformation latine de Bratteus (a,um) d’or.

 

L’inscription des dix nuits de Grannos mélange le latin et le celtique, elle termine par la forme DSPD, plus précisément « De Sua Pecunia Dedit », signifiant en latin « a donné cet argent de sa poche ».

Une autre forme latin est Votum Solvit Libens Merito, signifiant « a volontier accompli son voeu », et simplifiée par les initiales VSLM.

 

Les sacrifices humains !

 

Le sacrifice humain est une réalité, et l’on en retrouve les traces dans ce que l’on nomme les momies des tourbières, ou Bog Body. Il s’agissait en particulier de prisonnier de droits communs ayant commis des larcins. Les druides étaient eux mêmes juges, et sacrifiaient les condamnés. Jules César écrit au livre  VI (6) chapitre XVI (16) « Ils pensent que le supplice de ceux qui sont convaincus de vol, de brigandage ou de quelque autre délit, est plus agréable aux dieux immortels« . Dans la partie Germanique, Tacite rapporte de même au chapitre IX « Parmi les dieux, le principal objet de leur culte est Mercure, auquel ils croient devoir à certains jours immoler des victimes humaines« . Il indique que les traîtres sont pendus à un arbre pour que tout le monde voit ce que l’on fait aux traîtres, et à l’inverse les lâches sont noyés et laissé à l’abri des regards. Il écrit « Cette diversité de supplices tient à l’opinion qu’il faut, en punissant, montrer le crime et cacher l’infamie« . Près de un siècle après la guerre des Gaules, Pomponius Mela le confirme les affirmations de Jules Cesar, mais il ajoute que la pratique est désuète. En effet, Pomponius Mela vivait sous l’époque de l’empereur romain Claude lequel a fortement réformé les Gaules et réduit le pouvoir abusif des druides, interdisant le sacrifice humain. Pomponius Mela écrit au livre III chapitre II traitant des Gaules « Elle est habitée par des peuples fiers, superstitieux, et autrefois si barbares, qu’ils regardaient les sacrifices, humains, comme le genre d’holocauste le plus efficace et le plus agréable aux dieux. Cette coutume abominable n’existe plus« . Pline l’ancien, ayant vécu au premier siècle, mentionne aussi d’ancien sacrifices récemment abolis et n’ayant plus cours au moment où il écrit au chapitre II (2) du livre VII (7) «  tout récemment les peuples transalpins étaient dans l’habitude de sacrifier des hommes« .

 

Nous pouvons préciser ici, que le sacrifice humain ne concernait pas seulement les celtes des Gaules et les germains, mais qu’elle fut également pratiquée par les romains dans les temps anciens. Ainsi Pline l’ancien note dans le livre XXX (30) chapitre III (trois) : « Ce n’est que l’an 657 de Rome, sous le consulat de Cn. Cornélius Lentulus et de P. Licinius Crassus, qu’il fut défendu par un sénatus-consulte d’immoler un homme; ce qui prouve que jusqu’à cette époque on faisait de ces horribles sacrifices« . Ce même auteur écrit au livre XXVIII (28) chapitre III (3) relatant un sacrifice de guerre à Rome « Un homme et une femme, Grecs d’origine ou de quelqu’une des autres nations avec qui nous étions alors en guerre, ont été enterrés vivants dans le marché aux boeufs; et cela s’est vu même de notre temps »  Ainsi les rites ne sont point figés mais ils évoluent, les sacrifices humains ayant été interdits à Rome puis dans les Gaules.

 

Offrandes actuelles ! De nos jours, les offrandes consistent surtout en pain, galettes de farine, vin, eau, lait, miel, hydromel et encens.

 



18/06/2025
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